Réfugiés : et si on arrêtait d’être cons cinq minutes ?

Ah ! les réseaux sociaux, quel fabuleux progrès ! Comme l’imprimerie en son temps, ils permettent au monde de partager plus aisément informations, savoir, idées, photos de chatons trop mignons ; ils favorisent le dialogue et la collaboration des êtres humains sans la moindre considération pour la distance physique qui les sépare, faisant de l’humanité un gigantesque creuset numérique bouillonnant où les inspirations des uns et des autres se mêlent pour se cristalliser en promesse d’un monde meilleur.

Malheureusement, toute médaille a son revers et celui des réseaux sociaux fait bien vite passer ce creuset d’espérance pour un comptoir de bistrot où l’étroitesse d’esprit le dispute à la vulgarité. Mais peu importe : M. Michu, si prompt à vomir des insanités sous les publications du Monde (le journal) lorsqu’il est confortablement installé devant son écran, retrouve le monde (le vrai) une fois la machine éteinte. Là, son vernis de petit homme propret et discret ne craquelle jamais ; là, son Surmoi fait le job sans ciller.

Ce qui m’inquiète, ce sont ces individus franchement malfaisants, ces Golovinski modernes, ces Drumont de caniveau qui n’hésitent pas à falsifier, à tromper pour apporter un peu d’eau croupie au moulin de leur cause. Des causes qui se résument bien souvent à une diarrhée idéologique infâme, vectrice d’une pensée cholérique se répandant d’autant plus facilement qu’elle infeste les esprits vulnérables, comme celui de M. Michu. Alors, le vernis craque et le Ça de M. Michu s’en donne à cœur-joie, car le petit homme propret et discret a peur, désormais. Peur de l’autre, peur de ce qui est différent.

Mais ce n’est là que le premier stade de la métamorphose de M. Michu, car comme le disait l’un des plus grand philosophes d’un siècle inconnu : « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine. »

Avant le net je n'étais rien

J’ai eu l’occasion de constater une nouvelle fois cet état de fait en découvrant une vidéo sur Facebook. On y voit un jeune homme (bien blanc et bien blond) tenant un bébé (bien rose et bien blond aussi) dans ses bras. Il serait à la rue depuis des mois avec sa femme et son gosse, et prétend n’obtenir aucune aide du fait de sa nationalité : on lui aurait assuré que les immigrés passent avant les Français.

Je ne souhaite pas diffuser cette vidéo ici : ce blog est mon petit chez moi et comme tout un chacun, je n’apprécie guère d’y voir entrer quoi que ce soit qui puisse être assimilé à de la matière fécale.

Les mensonges et invraisemblances du discours tenu par le jeune homme bien blanc et bien blond ont été débunkés presque immédiatement par diverses analyses : il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une mise-en-scène destinée à exciter M. Michu (qui a l’habitude fâcheuse de ne jamais se servir de son esprit critique) et l’encourager à rejeter avec véhémence l’idée d’accueillir dans son pays (bien blanc et bien blond lui aussi) des êtres parasites avides d’allocations familiales. Ainsi, cette vidéo a fleuri un peu partout sur le web et s’est naturellement retrouvée sur mon fil d’actualité. Je décidai de la partager également, assortie du commentaire suivant :

« Ah ben quand même ! on a failli attendre. Les voici enfin, nos chers concitoyens terrifiés à l’idée que la générosité puisse traverser les frontières et être dispensée à d’autres que des « bien de chez nous ».

Il me vient une petite remarque et une question : (1) je trouve assez cocasse de constater que selon les circonstances, nos concitoyens en difficulté sont au besoin des feignasse d’assistés ou des victimes de ces cohortes étrangères grignoteuses de PIB. (2) Je suis certains que les Français en situation précaire sont très touchés par la solidarité qui leur est soudainement témoignée, mais si celle-ci est sincère (ce dont on ne doute pas une seconde, pas vrai ?), comment se fait-il qu’il y ait encore des Français qui dorment dans la rue ?! Avec tous ces gens qui les soutiennent sur les réseaux sociaux et qui à n’en pas douter n’hésiteraient pas à leur ouvrir leur porte ? Non, décidément, je ne comprends pas…

Trêve de sarcasme : chercher à justifier son racisme, sa xénophobie ou son égoïsme (termes non mutuellement exclusifs et liste non exhaustive) en voulant procéder à une hiérarchisation indécente de la misère, c’est présumer si peu de l’intelligence des autres que c’en est outrageant ! »

Que n’avais-je pas fait ! Aussitôt, une pluie d’ « arguments » s’abattit sur moi. Permettez-moi de vous épargner les détails et de vous proposer un rapide résumé :

  1. La France n’est pas dans une situation économique favorable et ne peut pas se permettre d’accueillir des réfugiés
  2. Je paie trop d’impôts et je n’ai pas envie que mon argent serve à accueillir des étrangers
  3. La priorité doit être donnée aux Français dans le besoin. Une fois la pauvreté éradiquée, on s’occupera du reste du monde
  4. C’est bien beau la solidarité mais après, qu’est-ce qu’il se passe ? Ils vont retourner dans leur pays ces gens-là ?

Petite mise au point

Conjoncture actuelle :

Nous ne sommes pas dans une situation économique favorable ? Qui le dit ? Le FN ? Boulevard Voltaire ? Fdesouche ? Tout ce que je vois, ce ne sont que des voix criardes qui dissimulent leur rejet de l’autre derrière des prétextes économiques fallacieux et qui finiront par être emportées par le vent de l’histoire.

La France dispose des ressources nécessaires pour répondre efficacement et rapidement à l’urgence de l’afflux de migrants. Il serait peut-être temps qu’on cesse de se prendre pour un pays du tiers-monde alors qu’on est la sixième puissance mondiale…

Eh oui ! c'est dingue, non ?
Eh oui ! c’est dingue, non ?

Et il serait peut-être temps d’être à la hauteur des valeurs qui ont fait la France, au lieu de se gargariser de Lumières et Droits de l’Homme, de Communes et de Résistance, et se planquer sans honte lorsque l’histoire nous appelle.

Coût pour le contribuable français :

Je propose un rapide calcul : combien va coûter l’accueil des réfugiés par tête de contribuable ? Comme je ne suis pas contrariant, je vais prendre à chaque fois les chiffres qui ne m’arrangent pas :

– Le coût immédiat est, selon les opposants à l’accueil, de 500 millions d’euros par an. D’après le ministre des Finances, il serait plutôt de quelques millions mais soit, partons sur 500 millions.

– Les réfugiés ont aussi une valeur ajoutée puisqu’ils consommeront, travailleront, contribueront, etc. Mais comme on l’a dit, je prends ce qui n’arrange pas mon discours, donc on va dire que les réfugiés ne rapportent absolument rien (ce qui est ridicule, mais soit).

– L’impôt sur le revenu représente environ 24% des recettes de l’état, j’estime donc qu’une proportion égale de ces 500 millions estimés sera financée par cet impôt, soit 120 millions d’euros.

– il y a 20 millions de foyers fiscaux en France (en fait presque un million de moins, mais je suis généreux !), ce qui nous donne une addition de… 6 € par an et par foyer.

Quelle honte de saigner ainsi à blanc le brave contribuable français, tout ça pour quelques milliers de vies, c’est scandaleux !

Je ne paie pas encore d’impôts, c’est vrai, mais quand ce sera le cas, ça m’étonnerait beaucoup que je me plaigne d’avoir à payer l’équivalent d’une pinte de bière par an pour accueillir dans mon pays ceux qui fuient la guerre, la persécution, la torture.

Le dilemme français du siècle
Le dilemme français du siècle

Priorité nationale :

On mélange les sujets à tel point que c’en est grotesque.

La France est le pays qui dépense le plus pour sa politique sociale, et donc qui s’investit le plus, sur le plan économique, pour lutter contre les inégalités et aider ses citoyens les plus démunis. Alors certes, il y a des Français en difficulté. Mais si l’État fait beaucoup, et c’est son rôle, il ne peut pas tout (spéciale dédicace à Lionel Jospin).

Bien entendu, c’est une question de solidarité, c’est même plus que ça : il s’agit de répondre ou non à une obligation morale. C’est également une question de priorité, mais pas comme les défenseurs de la préférence nationale l’entendent : on ne peut pas comparer le déplacement d’êtres humains persécutés en quête d’un refuge à la pauvreté structurelle. D’un côté, il y a une urgence à laquelle on peut répondre efficacement et rapidement, de l’autre, un problème inhérent à toute société humaine dont la résolution est une gageure. On ne peut combattre la pauvreté qu’avec des politiques adaptées et orientées sur le long terme et non à coup de gros sous et autres moyens d’urgence.

Prétendre qu’il y a une comparaison possible entre les deux situations, et surtout que les efforts et ressources mis en œuvre pour répondre à la première suffiraient à répondre à la seconde, relève de la malhonnêteté intellectuelle ou de l’ignorance.

J’ai parlé d’obligation morale. Faut-il rappeler que la France a également une obligation légale d’accueillir ces réfugiés ? Voir à ce sujet les dispositions de la Convention de Genève.

Et après ?

Enfin, que les réfugiés restent en France ou non par la suite n’a pas d’importance. Certains repartiront, d’autres resteront car le statut de réfugié offre des facilités en terme de naturalisation. Je dis que ça n’a pas d’importance parce que même s’ils devaient tous rester, l’impact serait au pire négligeable, au mieux positif. D’une part, ils représenteraient une part infime de la population française, d’autre part ce ne sont pas les plus pauvres qui fuient : ce sont des familles qui ont eu les moyens d’épargner pour payer les passeurs, donc des personnes qualifiées voire éduquées, qui ne seront pas un poids mais une chance pour l’économie française.

Jefferson a dit (la citation est peut-être apocryphe, mais elle est belle) : « tout homme a deux patries : la sienne et la France. » J’ose espérer que l’heure n’est pas venue de le faire mentir.

Bonus

Il est des plaisirs simples dans la vie, comme celui de voir les Golovinski modernes et les Drumont de caniveau que je citais plus haut, confrontés à leurs propres contradictions :

« À chaque fois que nous proposons des solutions (…) vous vous y opposez parce que ce qui vous intéresse, ce ne sont pas les solutions, ce sont les problèmes. Parce que les problèmes, c’est le terreau sur lequel vous prospérez. »

Que dire de plus ? 🙂

10 réflexions sur “Réfugiés : et si on arrêtait d’être cons cinq minutes ?

  1. Nicolas

    Ayant vu cet article dans mon fil d’actualité, bien que je savais pertinemment que n’allais pas être d’accord avec vous, j’ai quand même pris le temps de le lire. En effet, j’aurais pu y trouver des choses intéressantes, on ne sait jamais.
    Malheureusement à part bon nombre de propos gauchistes à souhait rien de bien convainquant…

    Je souhaiterais néanmoins vous donner mon avis sur quelques points :
    1. La France est certes une grosse puissance économique mais qu’en est-il des 2000 milliards de dette ? Devons nous l’accroître encore ?
    2. Le français moyen s’en fiche de payer 6€ d’impôts supplémentaires, ce qui le gêne c’est de payer (quel que soit le montant) pour des personnes ne venant pas de notre pays.
    3. Vous dites que ces gens vont apporter quelque chose à l’économie, vous êtes vous déjà rendu dans les centres d’allocations (chômage, aides au logement, ect) ? Moi oui ! Et je peux vous garantir que la majorité (je dis la majorité car évidement il n’y a pas qu’eux) des personnes qui fréquentent ces endroits ne sont pas bien blonds et bien blancs, pour reprendre vos propos.

    Voilà, vous vous offusquez des Français qui sont contre l’accueil des réfugiés et bien moi je m’offusque des gens qui sont pour. N’avons nous pas assez de soucis à régler avant de régler les problèmes des autres ? Dette, chômage, insécurité, nous ne sommes certes pas un pays du tier monde, mais nous avons tout de même notre petit lot de problèmes à résoudres…

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    1. Pour vous répondre dans l’ordre :
      1. La dette n’est pas un problème en soi. Il faut cesser de l’utiliser comme étalon de la santé des finances publiques.
      2. Qui a parlé de payer 6 € supplémentaires ? Ce n’est qu’une question de proportion dans l’impôt déjà payé. De plus, je vous rappelle que j’ai obtenu ces 6 € avec des chiffres farfelus et des hypothèses fausses.
      3. Dans la mesure où il s’agit de réfugiés et non de migrants économiques, il y a fort à parier qu’il s’agit d’une population éduquée qui n’aura aucun mal à s’intégrer. Par ailleurs, les statistiques ethniques n’étant malheureusement pas autorisées en France, je ne peux pas vous répondre quant à la proportion de Français issus de l’immigration dans les bénéficiaires d’allocations chômage et autres aides de l’État. Toutefois, vous ne faites que constater un biais statistique. Si ces gens dont vous parlez ne sont en majorité ni bien blancs, ni bien blonds, c’est parce qu’ils sont issus de la dernière vague d’immigration qui est toujours la plus représentée au sein des populations défavorisées d’un pays. Il y a quelques décennies, vous auriez probablement vu une majorité de « portos », d’« espingouins » et de « ritals ». Aujourd’hui, ce sont des communautés parfaitement intégrées qui ne défrisent plus nos chers nationalistes, et pour cause : les nouveaux immigrés sont encore plus étrangers que les précédents ! Quelle horreur…

      Vous avez raison, nous avons notre petit lot de problèmes à résoudre. Mais est-ce une raison pour mettre notre humanité et nos valeurs au placard ? Libre à vous de le croire, pour ma part je continuerai de m’en offusquer.

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  2. phil desouche

    Mal ecrit et des coneries en plus!!! tu les sors d ou tes chiffres?? c est de la propagande gauchiasse et xenophyle tu devrais faire un tour a calais, on vera ctes chiffres apres.
    Quand on sait pas on ferme sa bouche; quand on est un ptit bobo bien planque chez papa maman on ferme sa bouche! Moi jen paye des impots et ça me fais degeuler quils serves a engasser des gauchistes antiblanc
    Ton potte caseneuve c est un imam collabo qui finira un jour sur l’echafaut se sale traitre! http://ripostelaique.com/deux-nouvelles-plaintes-de-limam-cazeneuve-qui-reve-de-decapiter-riposte-laique.html

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    1. Tiens ! c’est gentil de venir corroborer mon discours, M. Michu. Je corrige les fautes, d’ordinaire, mais je fais une exception pour vous : elles vous vont si bien !
      Allez-y tout de même doucement sur la réflexion, je ne voudrais pas que vous attrapiez une hernie cérébrale.

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  3. Anonyme

    Enfin bon M. le Ministre est quand même d’une mauvaise foi crasse d’accuser le FN de s’opposer aux solutions du gouvernement pour éradiquer le terrorisme quand les solutions qu’il cite c’est la diminution des libertés publiques.
    Parce que jusqu’à preuve du contraire les reculades des « démocraties occidentales » sur les libertés publiques sont des victoires du terrorisme pas des solutions pour lutter contre lui.

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    1. Je ne vois pas en quoi les solutions dont parle M. Cazeneuve (loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme du 13 novembre 2014, loi sur le renseignement et PNR) consistent en une diminution des libertés publiques. Elles n’entravent en rien l’exercice desdites libertés tout en assurant aux autorités plus de moyens pour prévenir et lutter contre le terrorisme.

      D’ailleurs, ne soyons pas naïfs, la plupart de ces moyens étaient probablement déjà mis en oeuvre avant même la promulgation des lois. Leur utilisation s’inscrit donc désormais dans un cadre législatif clair et c’est la moindre des choses dans un État de droit.

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    1. Il n’en manque pas ! Il faudrait seulement qu’on les laisse s’exprimer. Mais qu’est-ce que vous croyez ? Les gens mesurés, qui ont une culture de réflexion et une inclination pour la circonspection, n’ont pas (plus ?) voix au chapitre puisqu’ils plombent l’audience…

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