Réfugiés : et si on arrêtait d’être cons cinq minutes ?

Ah ! les réseaux sociaux, quel fabuleux progrès ! Comme l’imprimerie en son temps, ils permettent au monde de partager plus aisément informations, savoir, idées, photos de chatons trop mignons ; ils favorisent le dialogue et la collaboration des êtres humains sans la moindre considération pour la distance physique qui les sépare, faisant de l’humanité un gigantesque creuset numérique bouillonnant où les inspirations des uns et des autres se mêlent pour se cristalliser en promesse d’un monde meilleur.

Malheureusement, toute médaille a son revers et celui des réseaux sociaux fait bien vite passer ce creuset d’espérance pour un comptoir de bistrot où l’étroitesse d’esprit le dispute à la vulgarité. Mais peu importe : M. Michu, si prompt à vomir des insanités sous les publications du Monde (le journal) lorsqu’il est confortablement installé devant son écran, retrouve le monde (le vrai) une fois la machine éteinte. Là, son vernis de petit homme propret et discret ne craquelle jamais ; là, son Surmoi fait le job sans ciller.

Ce qui m’inquiète, ce sont ces individus franchement malfaisants, ces Golovinski modernes, ces Drumont de caniveau qui n’hésitent pas à falsifier, à tromper pour apporter un peu d’eau croupie au moulin de leur cause. Des causes qui se résument bien souvent à une diarrhée idéologique infâme, vectrice d’une pensée cholérique se répandant d’autant plus facilement qu’elle infeste les esprits vulnérables, comme celui de M. Michu. Alors, le vernis craque et le Ça de M. Michu s’en donne à cœur-joie, car le petit homme propret et discret a peur, désormais. Peur de l’autre, peur de ce qui est différent.

Mais ce n’est là que le premier stade de la métamorphose de M. Michu, car comme le disait l’un des plus grand philosophes d’un siècle inconnu : « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine. »

Avant le net je n'étais rien

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L’économie selon M6, ou comment additionner des patates et des choux sans perdre la face

Journaliste…

Hep hep hep ! Arrêtez-vous là. Relisez ce mot lentement et solennellement avec tout le respect que vous lui devez : Jour-na-liste. Voilà.

Ne s’agit-il pas là du métier le plus immensément nécessaire et le plus indéniablement honorable au monde ? Qui donc oserait, sans vergogne, prétendre à plus de dignité que ces séides de l’intégrité dont le cœur et les tripes carburent aux shoots de vérité ? Personne.

J’ai dit personne, n’insistez pas.

Oh, il y en a bien pour tenter de me faire mentir : quelque gratte-papier sans altitude, se livrant jour après jour avec ses semblables à des concours de platitude dans des feuilles de chou sans âme. Mais qu’importe le tort que peut faire ce genre d’exception à la profession : le journalisme, le vrai, est plus vivant que jamais.

Presse Reiser

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Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font

Dutilleux

Imaginez : nous sommes en 1941, vous avez 25 ans. Jeune musicien talentueux, le Régime de Vichy vous passe commande pour composer la musique d’un film de propagande vantant les mérites du sportif et ouvrier modèle vichyssois. Bien que vous abhorriez le Maréchal et sa clique, vous acceptez. Peut-être parce qu’il n’aurait pas été prudent de refuser, ou bien encore tout simplement parce que les temps sont durs et que vous ne pouvez pas vous permettre d’être trop regardant : il faut bien vivre.

Par la suite (en 1942), vous rejoignez le Front National des musiciens, organe de résistance qui n’a bien entendu rien à voir avec le sinistre parti politique (un parti d’extrême-droite sinistre, c’est un oxymore, non ?). En 1944, vous mettez en musique, clandestinement, le poème d’un résistant emprisonné à Toulouse.

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