Fluctuat nec mergitur

Dessin : Mathilde Adorno
Dessin : Mathilde Adorno

7 janvier 2015 :
« On a tiré des coups de feu à Charlie Hebdo !
– Surement un excité qui a brisé quelques vitres et abimé quelque plafond. »
La suite me prouva que non.

13 novembre 2015 :
« Une fusillade fait plusieurs blessés dans le 11e arrondissement.
– Surement un règlement de comptes qui a mal tourné »
La suite me prouva que non.

Pour ceux qui avaient vécu les événements du 7 janvier et des jours suivants comme un événement tragique mais isolé, les attentats d’hier soir à Paris furent une très douloureuse piqûre de rappel.

Je nous sais nombreux à avoir passé une nuit blanche devant les chaînes d’info continue, à écouter le décompte des victimes s’égrener inlassablement : de 18 à 39, de 39 à 60, de 60 à 120, et je n’ose imaginer la suite. Je nous sais nombreux à nous réveiller aujourd’hui avec une gueule de bois qui ne doit rien à l’alcool, j’en sais trop qui ne profiteront jamais plus de la gueule de bois bien méritée du samedi matin.

En de telles circonstances, j’aimerais parfois prendre la place de mon chien, ce gros corniaud noiraud qui dort paisiblement auprès de moi au moment où j’écris ces lignes.

Le bienheureux ne sait pas qu’à quelques centaines de kilomètres de chez lui, une poignée d’abrutis a mis en deuil des centaines de familles pour une histoire de Dieu tout aussi imperméable à son entendement que les atrocités qu’ils commettent. Il ne sait pas non plus que quelques minutes plus tard, des hordes de vautours se sont jetés sur des cadavres encore chauds pour exciter les quelques individus égarés susceptibles de glisser dans l’urne un petit bulletin en leur faveur aux élections prochaines, pas plus qu’il n’envisage possible de mourir pour des idées.

Mais il est au moins une fierté qui lui est étrangère et dont nous pouvons nous targuer, à savoir celle de ne jamais céder à la violence. Celle-ci devrait être celle de la nation tout entière : il nous faut faire front et montrer aux abrutis que nous n’avons pas peur d’eux, que pour rien au monde nous ne leur donnerons quoi que ce soit qui puisse les contenter. S’il est une chose qu’ils doivent retenir de cette nuit sanglante, c’est celle-ci : l’infinie émotion qui est la nôtre cette nuit ne cédera la place ni à la peur ni à la haine. Cette nuit, ils n’auront rien gagné d’autre que notre mépris le plus cordial.

Sur ce, je m’en retourne faire un câlin à mon chien, car je crois que c’est là ce dont nous avons tous le plus besoin, et je vous souhaite une bonne nuit. Sans grande conviction…

Taupins, épiciers et autres khâgneux, la parole est à vous !

L’automne est certes la saison des marrons mais elle est aussi et surtout celle des marronniers. Ainsi, nos chers quotidiens nationaux et autres magazines aux gros titres jaunes nous ont récemment gratifiés de nombreux articles et dossiers sur les classes préparatoires. On peut y apprendre (comme chaque année), que le modèle des classes prépas est désormais inadapté, que ce sont des formations encourageant la « reproduction des élites » et autres poncifs qui doivent désoler bon nombre de ceux qui sont passés par là.

J’ai décidé de traiter ce sujet sur mon blog et vous invite, si vous êtes ou avez été élève de CPGE, à répondre à ce questionnaire afin de me fournir quelques chiffres et témoignages. Ça ne devrait pas vous prendre plus de cinq minutes.

Merci d’avance !

Par où commencer ?

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Eh bien voilà. Maintenant que le blog est en ligne, il faut bien se lancer et rédiger ce premier article. Mais par quoi commencer ? Me faut-il me présenter ? Écrire un article comme s’il ne s’agissait pas du premier ?

Le début, c’est pas rien ! Prenez l’exemple des romans, par exemple (oui, je me répète) : certains incipits sont des superstars de la littérature :

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »

Marcel Proust, À la recherche du temps perdu

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Albert Camus, L’Étranger

« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. »

Gustave Flaubert, Salammbô

« Arthur régla sa note au comptoir de l’hôtel. »

Marc Lévy, Vous revoir

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